Kirigirisu (螽斯) : la sauterelle
Au Japon, les insectes chanteurs comme la kirigirisu, la sauterelle, sont appréciés depuis l’époque de Heian. Leur chant annonce la fin de l’été et l’arrivée de l’automne, et l’on gardait autrefois ces insectes dans de petites cages pour les écouter. Ils évoquent la nature, le passage des saisons et une certaine nostalgie.
Ce tanto en fait le sujet de son fourreau : une sauterelle dorée peinte parmi les fleurs et le feuillage, à la manière du maki-e. La tsuba fleurie prolonge cette scène de jardin, tandis que le dragon du fuchi et du kashira rappelle le caractère martial de l’arme.
Une lame en acier damassé au vrai hamon gunome
La lame est réalisée en acier damassé, obtenu en superposant et en repliant plusieurs couches d’acier. Le motif damassé, gris clair et gris sombre, est visible sur toute la lame. Elle présente une géométrie shinogi-zukuri avec une pointe chū-kissaki.
Elle a été trempée à l’argile, ce qui fait apparaître un vrai hamon gunome, fait d’ondulations régulières. La zone du hamon, d’un blanc laiteux, contraste avec le reste de la lame plus sombre. Elle ne comporte pas de bo-hi. Son affûtage est réalisé à la main, une finition artisanale qui fait toute la différence.
Une monture aux fleurs et au dragon
La tsuba ronde (maru-gata) en cuivre patiné doré présente des fleurs et des branchages en relief (takabori) sur un fond poli (migaki), avec un rebord arrondi (maru-mimi). Deux seppa en laiton doré à bord crénelé l’encadrent.
Le fuchi en cuivre patiné doré porte un dragon en relief, et le kashira une tête de dragon en takabori. Le manche est recouvert d’une vraie peau de raie blanche sur bois, sous un tressage tsuka-ito noir en hineri-maki, avec des menuki dorés. Le habaki ichimai en laiton doré porte un décor géométrique kikkō gravé et laqué noir.
Un fourreau peint d’une sauterelle dorée
Le saya est en bois dur, recouvert d’une laque noire texturée façon ishime-nuri, au grain de pierre. Il porte un décor peint à l’or et en couleurs façon maki-e : des fleurs blanches, des feuilles vertes et une sauterelle dorée. Le koiguchi et le kojiri, aux bords arrondis, sont laqués noir texturé dans la continuité du fourreau. Le kurikata à shitodome doré porte un sageo en coton noir.
Dimensions et prise en main du tanto
Avec une lame de 33 cm pour une longueur totale de 55 cm, Kirigirisu est un tanto de belle taille. Son manche de 17 cm se prend fermement à une main. Pour 0,7 kg, il reste léger. Il mesure 57 cm dans son fourreau, un format qui met en valeur son décor peint sur un support d’exposition.




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