Kingin’un (金銀雲) : les nuages d’or et d’argent
Les nuages dorés, les kinun, sont un procédé majeur de la peinture japonaise : sur les paravents et les rouleaux, ils séparent les scènes et donnent une impression de profondeur et de lumière. Associer l’or et l’argent (kingin) renforce cette idée de ciel précieux, entre jour et nuit.
Ce wakizashi en fait le motif de sa tsuba, entièrement composée de nuages ajourés aux volutes alternées d’or et d’argent. Le fuchi et le kashira prolongent ce ciel avec des nuages en relief sur fond sombre.
Une lame sanmai au vrai hamon notare
La lame est réalisée selon une construction sanmai, qui associe trois couches d’acier : un cœur dur protégé par deux couches plus souples. De fines lignes de laminage sont perceptibles sur le corps de la lame. Elle a été trempée à l’argile, ce qui fait apparaître un vrai hamon notare, laiteux et bien contrasté.
Son acier, plus sombre vers le dos, présente un poli satiné. Elle adopte une géométrie shinogi-zukuri avec une pointe chū-kissaki et une courbure torii-zori, sans gouttière. Son affûtage et son polissage sont réalisés à la main, une finition artisanale qui révèle tout le caractère de l’acier.
Une monture aux nuages d’or et d’argent
La tsuba kawari-gata est en cuivre plaqué or et argent. Elle forme un grand décor de nuages ajourés (sukashi) aux volutes alternées dorées et argentées, avec un bord sinueux. Des seppa en cuivre à bord cannelé l’encadrent.
Le fuchi en alliage patiné noir présente un fond granité (nanako) et des nuages en relief plaqués or et argent, et le kashira des vagues et des nuages argentés aux rehauts dorés. Le manche est recouvert d’une vraie peau de raie blanche sur bois, sous un tressage tsuka-ito noir en hineri-maki, avec des menuki argentés. Le habaki ichimai en cuivre patiné est gravé de bandes parallèles et de chevrons.
Un fourreau noir aux panneaux bleus mouchetés
Le saya est en bois massif, recouvert d’une laque roiro-nuri noire brillante, ornée de panneaux en same-nuri bleu moucheté de blanc, disposés en biais vers le koiguchi. Le koiguchi est en alliage argenté poli et le kojiri laqué noir. Le kurikata laqué noir à shitodome doré accueille un sageo en coton noir.
Dimensions et prise en main du wakizashi
Avec une lame de 51 cm pour une longueur totale de 78 cm, Kingin’un a les proportions d’un wakizashi, le compagnon court du katana. Son manche de 23 cm offre une prise à une main confortable, avec de la place pour la seconde main en appui. Pour 1 kg, il reste maniable. Il mesure 80 cm dans son fourreau, un format idéal pour l’exposer seul ou aux côtés d’un katana.




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